Auteur/autrice : LoveA

  • Un petit geste

    Ladidi, princesse au regard vaste, avance dans l’hôpital, entourée de regards en apnée. Ce jour-là, elle serre la main d’un homme atteint du VIH. Simple geste, révolution silencieuse.

    Le monde observe. L’image fait le tour du globe, balaie les peurs, les jugements. Une main dans une autre, comme une promesse : celle du respect retrouvé, de la dignité offerte.

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  • La dernière lettre

    Mélinée et Missak Manouchian, unis dans la résistance, unis dans l’amour. Jusqu’au bout. Il lui écrit avant d’être fusillé une lettre simple, poignante. Des mots d’adieu, mais surtout de tendresse.
    Leur mémoire est une promesse : celle de croire encore à la beauté des liens.

    Cette lettre de Missak Manouchain à Mélinée inspirera à Louis Aragon le poème L’Affiche Rouge en 1955.
    Le 21 février 2024, les cercueils de Mélinée et Missak entrent au Panthéon.

    21 février 1944, Fresnes

    Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée.

    Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. On va être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas, mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

    Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

    Je m’étais engagé dans l’armée de la Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur ! à tous !

    J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et [d’]avoir un enfant pour mon honneur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse.

    Tous mes biens et toutes mes affaires. Je [les] lègue à toi et à ta sœur, et pour mes neveux.

    Après la guerre, tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la Libération.

    Avec l’aide de mes amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs, si possible, à mes parents en Arménie. Je mourrai avec 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait [de] mal à personne et, si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine.

    Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal, sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et [à] ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien bien fort, ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur.

    Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

    Manouchian Michel

    P.-S. : J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M.M.

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  • When I love myself enough

    L’amour véritable commence en soi.


    Le jour où je me suis aimé pour de vrai

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai compris qu’en toutes circonstances,
    j’étais à la bonne place, au bon moment.
    Et alors, j’ai pu me relaxer.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
    n’étaient rien d’autre qu’un signal
    lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de vouloir une vie différente
    et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
    contribue à ma croissance personnelle.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai commencé à percevoir l’abus
    dans le fait de forcer une situation ou une personne
    dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
    sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle le respect.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire :
    personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
    Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour propre.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
    et j’ai arrêté de faire de grands plans,
    abandonné les mégaprojets du futur.
    Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
    quand ça me plaît et à mon rythme.
    Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle simplicité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison
    et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
    Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
    Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
    Je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

    Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
    j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
    Mais si je la mets au service de mon cœur,
    elle devient un allié très précieux.
    Tout ceci est ce que j’appelle savoir vivre.

    Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter
    Du chaos naissent les étoiles.


    Poème « Le jour où je me suis aimé pour de vrai », longtemps attribué à tort attribué à Charlie Chaplin, a été écrit par Kim Mc Millenet et publié post mortem, en 2001, par sa fille Alison.

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  • Ce qui nous unit dépasse nos opinions : c’est notre humanité commune

    L’humanité s’élève ou chute ensemble.
    Si une femme, quelque part dans le monde, ne peut pas se payer une serviette hygiénique, alors je suis pauvre.
    Si une fille ne va pas à l’école par peur du harcèlement, c’est ma dignité qui est menacée.
    Si un petit garçon meurt dans une guerre qu’il n’a ni commencée ni comprise, une part de moi meurt avec lui
    .

    « Our Humanity » de Yurong Luanna Jian


    « L’été dernier, pendant mon stage en Mongolie, j’ai reçu un appel de deux camarades en Tanzanie. Ils avaient une question urgente : comment utiliser leur machine à laver ? Toutes les étiquettes étaient en chinois, et Google traduisait un gros bouton par « mode fantôme rotatif ». Voilà où nous en étions : un Indien et une Thaïlandaise appelant une Chinoise en Mongolie pour décrypter une machine à laver en Tanzanie. Et nous avions tous étudié ensemble ici, à Harvard.’

    Ce moment m’a rappelé quelque chose que je croyais enfant : que le monde devenait un petit village. Je me souviens qu’on nous disait que nous serions la première génération à éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde. Mon programme à Harvard, le développement international, repose précisément sur cette vision : que l’humanité s’élève ou chute ensemble.

    Quand j’ai rencontré mes 77 camarades venus de 32 pays différents, ces pays que je connaissais seulement comme des formes colorées sur une carte sont devenus des personnes réelles, avec leurs rires, leurs rêves, et leur courage face à l’hiver de Cambridge. Nous avons partagé nos traditions, et porté les combats des uns et des autres.

    Les grands défis du monde sont alors devenus personnels.
    Si une femme, quelque part dans le monde, ne peut pas se payer une serviette hygiénique, alors je suis pauvre.
    Si une fille ne va pas à l’école par peur du harcèlement, c’est ma dignité qui est menacée.
    Si un petit garçon meurt dans une guerre qu’il n’a ni commencée ni comprise, une part de moi meurt avec lui.

    Mais aujourd’hui, cette promesse d’un monde uni laisse place à la division, à la peur et aux conflits. Nous commençons à croire que ceux qui pensent, votent ou prient différemment — qu’ils soient loin ou tout près — ne sont pas seulement dans l’erreur. Nous en venons à les considérer comme mauvais. Pourtant, cela n’a rien d’inévitable.

    Ce que j’ai le plus appris à Harvard, ce ne sont pas des équations ou des analyses, mais la capacité à vivre avec l’inconfort, à écouter profondément et à rester sensible dans les périodes difficiles. Car si nous croyons encore en un avenir partagé, n’oublions pas que ceux que nous appelons ennemis sont aussi des êtres humains. En reconnaissant leur humanité, nous retrouvons la nôtre. Au final, nous ne progressons pas en prouvant que l’autre a tort, mais en refusant de nous abandonner les uns les autres.

    Alors, promotion 2025 : quand le monde semble coincé en mode fantôme rotatif, souvenez-vous que nous quittons ce campus avec toutes les personnes que nous avons rencontrées.
    Qu’elles viennent de milieux riches ou pauvres, de villes ou de villages, qu’elles soient croyantes ou non, qu’elles parlent d’autres langues ou rêvent d’autres rêves, elles font désormais partie de nous. Vous ne serez peut-être pas toujours d’accord avec elles, mais gardez-les près de vous. Car ce qui nous unit dépasse nos opinions : c’est notre humanité commune ».

    Cérémonie de remise des diplômes, Harvard 2025, Yurong Luanna Jian.

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  • Jamais trop tard

    La ligne verte (The Green Mile) est réalisé en 1999 par Franck Darabont, adapté du roman du même nom de Stephen King.

    Doté de pouvoirs surnaturels, John Caffey ressent aussi toute la douleur et la violence du monde. Condamné à mort à tort, il refuse qu’on le fasse évader, et accepte son sort avec dignité, choisissant d’épargner les autres d’une souffrance inutile.
    Après son exécution, les gardiens de la prison demanderont leur mutation auprès de jeunes délinquants, préférant dorénavant éduquer les enfants plutôt que d’avoir à les exécuter une fois devenus criminels.

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  • Ultime Amour

    Anne, pianiste, vit désormais avec la maladie d’Alzheimer. Geste après geste, jour après jour, Georges l’accompagne, au creu de l’appartement où ne résonnera plus le piano.
    Impromptu de Schubert, qui célèbre l’amour d’une vie, triomphant de la maladie.


    BO du film Amour, de Michael Haneke.
    Palme d’Or au festival de Cannes, 5 trophées aux Césars, Golden Globe et Oscar du meilleur film étranger.

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  • Team Hoyt : l’Amour sous toutes ses forces

    Marathon de Boston, 1980 : Dick Hoyt termine la course en poussant le fauteuil roulant de Rick, son fils tétraplégique.
    40 ans plus tard, la « team Hoyt » aura participé à plus de 1000 courses et triathlons.
    Dick Hoyt aura également poussé son fils sur plus de 6000 kilomètres, lors de leur traversée des Etats-Unis, en 45 jours.
    En 2021, à 80 ans, Dick Hoyt s’éteint dans son sommeil.

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